Quelques études sur l’allaitement – 2008 (1)



Certaines interventions ont un impact sur l’allaitement

Une action simple de soutien aux mères d’un grand prématuré pendant l’hospitalisation de leur enfant, puis après le retour au domicile, a permis d’augmenter significativement la durée de leur allaitement. 38,9% des bébés étaient allaités (8,4% l’étant exclusivement) au moment de leur sortie du service dans le groupe témoin, contre 80,5% (dont 19,5%
d’allaitement exclusif) dans le groupe intervention. La durée médiane de l’allaitement était de 54 jours dans le groupe témoin contre 91 jours dans le groupe intervention.

Les pratiques hospitalières qui avaient un impact positif sur la durée de l’allaitement étaient : une première mise au sein dans l’heure qui suivait la naissance, l’allaitement exclusif pendant le séjour en maternité, la cohabitation mère-enfant pendant ce séjour, le fait que l’enfant ne recevait pas une sucette, et le don à la mère d’un numéro de téléphone si
elle souhaitait recevoir des informations sur l’allaitement après sa sortie de maternité. La mise en œuvre de 5 pratiques hospitalières simples dans tous les services de maternité permettrait à elle seule d’augmenter significativement la durée de l’allaitement.

La mise en œuvre d’un programme de soutien actif aux mères allaitantes pendant la première année post-partum par le biais d’une consultation pédiatrique a permis une augmentation significative de la prévalence de l’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, ainsi qu’une augmentation importante de la prévalence de l’allaitement entre 6
et 12 mois. Elle a également permis d’abaisser franchement le nombre de consultations pour une diarrhée ou une infection respiratoire.

Dans cette population urbaine multiculturelle, ce programme de doulas avait un impact positif sur le déroulement de l’accouchement et sur le démarrage de l’allaitement. Les femmes qui avaient eu le soutien d’une doulas étaient significativement plus nombreuses à avoir décidé d’allaiter et à avoir démarré un allaitement, et cet impact était constaté chez toutes les femmes quelle que soit leur parité. Il y avait également un taux plus bas de césarienne chez les primipares suivies par une doula.

Avantages économiques

Le lait que tire pour son bébé la mère d’un grand prématuré protège ce bébé particulièrement vulnérable contre de nombreuses pathologies dont le traitement est coûteux, et qui sont susceptibles d’induire des handicaps à long terme. Le coût du don de lait maternel a été calculé à partir du prix mensuel de la location d’un tire-lait électrique, du kit individuel d’expression du lait, et du temps consacré par la mère à tirer son lait (coût horaire). Le coût de la fourniture quotidienne de 100 ml de lait maternel exprimé était très
bas : 2,47 $, ou 0,65 $ si on ne prenait pas en compte le coût horaire du temps consacré par la mère à tirer son lait.

Les avantages de l’allaitement perdurent après le sevrage

Les participants qui n’avaient pas été allaités avaient un index de masse corporelle légèrement plus élevé (26,9 contre 26,1 kg/m2), et un taux plus bas de HDL (53,7 contre 56,6 mg/dl) après ajustement pour les autres variables. L’allaitement était inversement
corrélé à l’index de masse corporelle à l’âge adulte, et positivement corrélé au taux de HDL.

Parmi les enfants étudiés, ceux qui avaient été allaités pendant au moins 2 mois présentaient des troubles apnéiques significativement moins sévères que les enfants qui n’avaient pas du tout été allaités, et ce pour tous les paramètres mesurés, y compris l’index d’apnée et d’hypopnée, le taux de saturation en oxygène, et le nombre de réveils induits par l’apnée.

32,5% des enfants qui n’avaient pas été allaités avaient présenté des douleurs de croissance, contre 19,6% des enfants qui avaient été allaités. L’impact de l’allaitement semblait également dose-dépendant : 29,8% des enfants qui avaient été allaités pendant moins de 40 jours avaient présenté ce type de douleurs, contre 16,2% des enfants qui avaient été allaités
pendant plus de 40 jours.

L’allaitement favorise des pratiques parentales plus saines vis-à- vis de l’alimentation de leur enfant, et il est corrélé en particulier à une moindre pression exercée sur l’enfant pour le pousser à manger davantage, ou au contraire à moins manger.

Un bon tonus des lèvres était constaté chez 65% des enfants de 4 ans ayant reçu des biberons contre 85% des enfants qui n’en avaient jamais eu. 53% des enfants ayant reçu des biberons avaient une langue hypotonique contre 27% de ceux qui n’en avaient jamais reçu. 69% des enfants n’ayant jamais reçu de biberons respiraient uniquement par le nez (mode optimal de respiration), alors que 63% des enfants ayant reçu des biberons avaient un mode
de respiration mixte (nez-bouche).
10% des enfants n’ayant jamais reçu de biberons présentaient une atrésie maxillaire, contre 22% des enfants ayant reçu des biberons.

Le risque de cancer du sein était 1,2 fois plus élevé chez les femmes qui n’avaient pas été allaitées. Parmi les femmes qui avaient été allaitées, celles qui avaient au moins 3 frères et soeurs plus âgés avaient un risque de cancer du sein moins élevé que les femmes qui étaient le premier enfant de la fratrie (RR: 0,58), cette corrélation n’étant pas constatée chez les femmes qui n’avaient pas été allaitées.

Le lait humain : bon pour tous les enfants

La fonction pulmonaire était meilleure chez les enfants souffrant de mucoviscidose qui avaient été allaités longtemps, et ils avaient présenté moins d’infections pendant les 3 premières années de vie.
L’allaitement long est bénéfique pour les enfants souffrant de mucoviscidose, et il semble améliorer à long terme leur fonction pulmonaire. Il serait nécessaire de promouvoir activement l’allaitement de ces enfants.

Source: La Leche League, Claude Didierjean-Jouveau




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