Les traumatismes : première cause de mortalité infantile dans le monde



Chaque jour dans le monde, plus de 2 000 familles sont endeuillées par la perte d’un enfant victime d’un traumatisme non intentionnel. Ces accidents de la circulation, noyades,
brûlures, chutes et empoisonnements, constituent un problème majeur de santé publique
« largement ignoré par les programmes d’actions actuellement envisagés dans le monde ».
Dans un rapport* publié fin 2008, l’organisation mondiale de la santé (oms ) et le Fonds
des nations unies pour l’enfance (unicef) tentent une première analyse du phénomène à
l’échelle planétaire et tracent quelques pistes de prévention.

Le rapport avance le nombre impressionnant de 850 000 décès annuels de jeunes de moins de 18 ans suite à un traumatisme non intentionnel, dont environ 260 000 accidents
de la route, 175 000 noyades, 96 000 brûlures, 47 000 chutes et 45 000 intoxications. dans la tranche d’âge des 10‐19 ans, les accidents de la circulation constituent la première cause de décès, tout particulièrement en afrique et dans l’est du bassin méditerranéen, alors que les noyades représentent le premier risque mortel pour les moins de 5 ans, singulièrement en asie du sud‐est et dans la zone pacifique. on estime ainsi que 450 enfants se noient chaque jour et que 900 autres survivent aux noyades avec des handicaps lourds et irréversibles.

Les pays en voie de développement devraient donc, dans un premier temps, parer au plus
urgent : rendre la ceinture de sécurité obligatoire et limiter le taux d’alcoolémie au volant,
réduire la vitesse sur route ou couvrir les puits avec des panneaux verrouillés (expérience
mexicaine). il s’agirait également de s’inspirer des mesures qui ont fait leurs preuves dans les pays industrialisés comme le port du casque pour les motocyclistes ou l’utilisation de sièges pour enfants dans les voitures. ainsi, le viêtnam – pays des deux‐roues par excellence – a‐t‐il imposé en 2007 le port du casque pour les enfants transportés sur deux‐roues motorisées.

En dépit des réticences des parents, qui dans un premier temps mettaient en doute la fiabilité des casques, on y observe aujourd’hui une utilisation à 90 % de cet équipement et une réduction notoire des traumatismes cérébraux. le rapport rappelle les multiples solutions déjà éprouvées qui permettent de sauver des vies : du conditionnement des médicaments résistant à l’ouverture par des enfants, à la régulation de la température de l’eau chaude sanitaire, en passant par l’installation de garde‐corps sur les balcons et les fenêtres. d’évidence, toutes les solutions adoptées par les pays développés ne seront pas aisément transposables dans les états à plus faibles revenus. Chaque pays doit en outre trouver ses propres solutions. mais certaines sont prometteuses, comme celles consistant à séparer physiquement les divers types d’usagers de la route. en malaisie, par exemple, des voies séparées pour les moto‐cyclistes ont permis de réduire les accidents de 27 %.

L’oms estime que le renforcement de certaines législations et l’adoption de quelques mesures de bon sens permettraient de réduire de 50 % le nombre de décès d’enfants dus à des traumatismes et d’épargner ainsi 1 000 vies par jour, principalement dans les pays à bas ou moyen revenu qui concentrent à eux‐seuls 95 % de ces traumatismes.

* Rapport mondial sur la prévention des traumatismes chez l’enfant, téléchargeable sur le site : www.who.int/fr

Source : Commission de la Sécurité des Consommateurs




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