20 novembre 2007 : 18ème Journée internationale des droits de l’enfant 100 millions de filles « manquantes »



On estime à 100 millions le nombre de filles « manquantes » dans le monde à cause d’avortement, d’infanticide, d’abandon ou encore de mauvais traitements. 80% des cas concernent la Chine et l’Inde. Le « déficit » de filles a pour conséquence l’augmentation du trafic de filles et de femmes, tant au niveau transfrontalier qu’à l’intérieur des communautés. Les filles sont considérées alors comme des marchandises rares. Le nombre de mariages forcés est également en forte augmentation.
Malgré l’existence d’une multitude de lois et d’accords internationaux relatifs aux droits des filles et des jeunes femmes, la discrimination envers les filles et les jeunes femmes est encore profondément ancrée et tolérée dans le monde entier. Cette discrimination sexuelle ne constitue pas seulement une négation des droits de l’enfant mais aussi un frein évident au développement. Aucun pays n’a jamais réussi à sortir de la pauvreté sans investir dans l’éducation de tous. C’est pourquoi la défense des droits des filles vient aujourd’hui au tout premier rang des préoccupations et des combats de Plan France. L’ONG a donc décidé de se mobiliser pour faire entendre la voix des filles et mettre en place un fonds dédié à des projets de promotion de leurs droits.

Faire entendre la voix des filles…
Plan veille dans tous ses programmes de développement à ce que les droits des filles et des garçons soient respectés de la même façon. Dans le travail de réflexion communautaire, les enfants des deux sexes sont encouragés à prendre conscience de leurs problèmes propres et de leurs droits fondamentaux. Parallèlement, Plan mène des campagnes nationales et internationales pour offrir aux enfants l’occasion de se faire entendre et de participer aux décisions qui concernent leur propre développement. Autre canal d’expression : une étude lancée par Plan et intitulée « Parce que je suis une fille – État des filles dans le monde 2007 ». Elle permettra de suivre 135 filles de leur naissance à leur neuvième anniversaire dans 9 pays distants de milliers de kilomètres. Les chercheurs rendront chaque année visite à ces filles et à leurs familles pour analyser ce qu’elles ont en commun dans leur vie et leur ressenti de filles, et comparer comment elles sont nourries, soignées, éduquées… Une approche dans la durée qui devrait permettre de mieux comprendre tous les processus discriminatoires, et formuler les recommandations les mieux appropriées pour faire respecter leurs droits.

Une journée de mobilisation
Plan France a décidé de faire désormais chaque année le 20 novembre un focus sur un thème concernant les filles : cette année, l’accent sera mis sur le droit des filles à la vie et à la santé. Parallèlement à ses actions de sensibilisation de l’opinion, Plan France lance un Fonds de soutien aux droits des filles. Son objectif : mobiliser des moyens supplémentaires pour financer des programmes spécifiques centrés sur la lutte contre les différentes formes de discrimination des filles et la promotion de leurs droits. Dans le cadre de ce Fonds, le premier projet lancé concerne la promotion de l’enregistrement des naissances et la lutte contre le fœticide des filles en Inde.

Premier menacé : le droit à la vie !
Même si les états signataires de la Convention des Droits de l’Enfant reconnaissent par l’article 6 le droit à la vie et s’obligent à assurer la survie et le développement de l’enfant, la discrimination des genres se reflète au premier chef dans le taux de mortalité des filles de moins de 5 ans, souvent plus élevé que celui des garçons du même âge. Dans certains pays, le désir de garçon est si vif qu’il mène à l’infanticide des filles.
Et c’est même bien avant la naissance que le droit à la vie des filles est menacé. Biologiquement il devrait y avoir plus de femmes que d’hommes dans le monde, la « répartition normale » étant de 105 filles pour 100 garçons. Or en Asie, la proportion tombe à 94 filles pour 100 garçons, et la Chine à elle seule enregistre un « déficit » en femmes estimé à 50 millions. Une enquête menée en 2002 dans un village de Chine centrale montre que plus de 300 femmes sur les 820 qui y vivent ont avorté et qu’un tiers d’entre elles déclarent chercher à choisir le sexe de leur enfant. Autre exemple : l’Inde. Bien que la détermination pré-natale du sexe y soit légalement interdite depuis 1994, 10 millions de fœtus filles en ont été victimes durant les 20 dernières années, avec une prépondérance de cette pratique dans les classes éduquées.

Relever le défi du changement des mentalités…
Pour que les filles aient le même droit à la vie et à la santé que les garçons, il faut privilégier l’alimentation et les soins pré et postnataux des mères, éradiquer la notion du choix du sexe de l’enfant à naître et de foeticide, encourager davantage encore la déclaration de naissance des filles, assurer des soins identiques aux filles et aux garçons de moins de 5 ans…

Mais ces actions ne peuvent s’envisager durablement que si elles sont accompagnées d’un changement des mentalités. Plan contribue à relever ce défi au quotidien à travers des actes de sensibilisation et de plaidoyer qui mobilisent les communautés locales auprès desquelles Plan intervient afin de faire émerger un réelle prise de conscience de la gravité de la situation et de ses conséquences néfastes sur le développement des populations.

La discrimination féminine en chiffres
Environ 100 millions* de filles manquent en Asie, et ce malgré les lois interdisant l’usage de tests de détermination du sexe et les avortements sélectifs.
54% des 121 millions d’enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles
7,3 millions de jeunes femmes (estimation) vivent avec le virus du VIH/SIDA, contre 4,5 millions de jeunes hommes.
En Afrique subsaharienne, les 2/3 des jeunes âgés de 15 à 19 ans et récemment contaminés sont de sexe féminin.
82 millions de filles de 10 à 17 ans se marieront avant leurs 18 ans, et ce malgré les lois interdisant les mariages précoces existantes dans de nombreux pays en voie de développement. 70 000 adolescentes se marient chaque jour.
Grossesses précoces : 14 millions de filles âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année. La grossesse reste la principale cause de mortalité chez les jeunes femmes de cet âge.
50% des agressions sexuelles dans le monde concernent les filles âgées de moins de 15 ans.
Malnutrition : on estime à 450 millions le nombre de femmes adultes fragilisées par une mauvaise nutrition durant l’enfance.

*chiffre incluant les décès dus aux fœticides, infanticides, abandon et manque de soin – extrait d’un rapport de 2007 intitulé « Le Droit de vivre des Filles » émanant du Comité d’ONG sur la Condition de la Femme – basé à Genève.

Avec l’enregistrement des naissances, défendre le droit d’EXISTER…
36 % des naissances non déclarées, 48 millions de nourrissons sans existence…
Si les campagnes pour l’enregistrement commencent à faire effet (celle de Plan lancée en 2004 a déjà permis d’enregistrer 5 millions d’enfants), le défaut de déclaration prive une majorité de filles de tout accès à une vie « légale ». L’exemple de Phina, jeune Ougandaise violée à 13 ans, en dit long. Voulant la défendre en justice en plaidant le viol sur mineure, son père n’a pas pu produire le certificat de naissance qui aurait prouvé son âge.

Source: Ketchum au nom de PLAN FRANCE




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