Le palmarès du concours national sur l’anesthésie de l’enfant (2/2)



Trois prix d’encouragement de 1000 € :

Equipe d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital de la Mère et de l’enfant – Centre Hospitalier Universitaire de Limoges.
Ce service démontre depuis plusieurs années que la présence des parents lors de l’endormissement de l’enfant est possible, sous réserve d’une bonne organisation de service et d’une information claire donnée aux parents. Il s’agit de l’un des rares services en France qui permette cette présence de façon systématique. L’information de l’enfant est réalisée à la suite de la consultation d’anesthésie par des aides-soignantes de salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) formées à cet accompagnement et avec l’aide d’un film sur le parcours opératoire.

Equipe d’anesthésie-réanimation du secteur pédiatrie – Hôpital Necker à Paris.

En plus de l’information donnée lors de la consultation d’anesthésie (remise de livrets d’information, présentation du masque d’anesthésie et des feutres parfumés), un accueil spécifique a été mis en place avant l’entrée au bloc opératoire. Une éducatrice de jeunes enfants, détachée spécialement, accueille les enfants et les parents dans une salle décorée et comportant un mur musical. La poupée Plume (en coton blanc) est remise à chaque enfant avec des feutres devenant ainsi un objet transitionnel et un moyen d’expression pour l’enfant tout au long du parcours.

Trois prix de soutien de 500 € :

Equipe d’anesthésie – Centre Hospitalier Intercommunal d’Aulnay-sous-Bois

Les efforts de cette équipe ont d’abord porté sur la mise en place d’un accueil spécifique des enfants avec leur parent grâce à l’aménagement d’un sas de transfert spécifiquement pédiatrique : décoration, mobilier pour les parents, chariot de jeux variés, télévision avec dessins animés, rideau séparateur… Le succès de cet accueil a facilité et permis l’accueil des parents en salle de réveil : aide-soignant détaché pour aider l’infirmière, rideaux pour séparer des adultes, élaboration d’une « charte des parents en SSPI » qui les informe, dès la consultation d’anesthésie, de cette possibilité et de leurs droits et obligations.

Equipe d’anesthésie – Centre Hospitalier de Château-Thierry.

Ce service d’anesthésie accueille des adultes et des enfants. Une réflexion d’équipe a permis de personnaliser l’accueil des enfants en créant un univers pédiatrique et en mettant en place différentes actions : consultation en binôme médecin anesthésiste / infirmier anesthésiste pour des informations adaptées à l’enfant, en utilisant notamment une maquette Playmobils, un film retraçant le parcours opératoire, la décoration des locaux, des masques parfumés, la présence des parents en salle de réveil…

Equipe d’anesthésie du bloc pédiatrique ambulatoire – Hôpital Necker à Paris.

En consultation d’anesthésie, les enfants sont informés à l’aide d’une peluche, d’un poster et d’un livret d’information très pratique avec des photographies. L’équipe s’est particulièrement investie pour réduire le temps de séparation d’avec les parents, grâce à une technique très originale, appelée Rolling induction©. Elle consiste à réaliser la check-list dans la salle d’attente en présence des parents. Les éléments du monitorage (capteur de saturation, électrodes de scope et brassard à tension) sont installés et expliqués avec l’aide des parents. En salle d’opération, il n’y a plus qu’à effectuer trois connections et l’induction peut commencer. Cette procédure permet de réduire de deux minutes environ le délai séparation-induction. L’enfant peut aussi être distrait avec un synthétiseur musical et graphique original, le Tenori-on.

Les enseignements de ce concours

Ce concours a permis de découvrir l’inventivité, les efforts et le sérieux de certains services pour accompagner le parcours de l’enfant opéré et faire en sorte que le bloc opératoire ne soit plus un lieu fermé et inquiétant.

Des actions variées…

– pour informer et préparer, organisation d’une consultation avec une infirmière ou un aide-soignant en plus de la consultation réglementaire avec le médecin anesthésiste, utilisation ou création de supports adaptés : poupées, films, livrets, diaporama…
– pour faire le lien entre l’hôpital et la maison, don de documents pédagogiques, de matériel médical (masque d’anesthésie, charlotte..), d’une boîte à remplir de bisous à emporter au bloc opératoire…
– pour décorer les lieux, salles de consultation, de « transfert » avant l’entrée du bloc opératoire, salles d’induction et de réveil
– pour préserver l’intimité des enfants et des parents, installation de rideaux ou de paravents dans les blocs opératoires accueillant des enfants et des adultes, autorisation de porter une culotte…
– pour limiter le sentiment d’impuissance des enfants, permettre de choisir le parfum du masque, de personnaliser son masque avec des gommettes, de rester assis pendant le déplacement en brancard et au moment de l’induction
– pour éviter ou limiter le temps de séparation d’avec les parents avant l’induction, salles de « transfert » proches de la salle d’opération, installation des surveillances en salles de « transfert »
– pour distraire l’enfant au bloc opératoire, mise à disposition de jeux, de tablettes numériques, d’une télévision, d’un synthétiseur musical et graphique, utilisation de l’hypnose…
– pour tenir informés les parents de l’arrivée de l’enfant en SSPI (ou salle de réveil), appel des parents sur leur portable, affichage en salle d’attente attenante à la SSPI, logiciel avertissant en temps réel le service d’hospitalisation
– pour récompenser l’enfant, don de petits cadeaux, du masque d’anesthésie personnalisé, remise d’un certificat de bravoure…
– pour gérer les suites opératoires et la douleur une fois à la maison rappel des parents le lendemain, don et explication de l’ordonnance d’antalgiques dès la consultation de pré-anesthésie, remise d’une grille spécifique1 pour aider les parents à évaluer la douleur de leur enfant…

… mais certains manques

Au-delà des aspects positifs, l’étude des dossiers a aussi révélé une hétérogénéité des pratiques selon les services, notamment en ce qui concerne :
– le jeûne pré-opératoire, certains services donnent comme consigne de rester à jeun 6 heures avant l’opération, alors que d’autres donnent la possibilité de boire un liquide clair jusqu’à 2 heures avant, quel que soit l’âge2
– la présence des parents à l’induction et en salle de réveil, souvent souhaitée par les familles, elle est encore très marginale à l’induction (1 seul candidat) et se développe plus en salle de réveil (8 candidats sur 13)
– l’information des familles sur le déroulement de la prise en charge en post-opératoire peu d’informations précises sur le réveil en SSPI, l’inconfort, la gestion de la douleur et les solutions proposées.
Des efforts sont également nécessaires pour la prise en charge des adolescents et des enfants handicapés.

www.sparadrap.org</A




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