Qu’en est-il de l’autisme chez les enfants ?


Ce sont des anomalies neurodéveloppementales qui sont à l’origine de l’autisme. La façon dont le cerveau croît et dont les cellules nerveuses se connectent et s’organisent n’est pas normale et ce sont ces deux dysfonctionnements d’ordre cérébral qui génèrent les difficultés que rencontrent les personnes autistes dans différents domaines.

En France, une étude de l’INSERM menée en 2018 (Autisme : un trouble du neurodéveloppement affectant les relations interpersonnelles) fait état de 700 000 personnes autistes dont 100 000 sont âgées de moins de 20 ans. Mais quels sont les premiers signes qui peuvent alerter des parents ?

Les premiers symptômes qui devraient alerter des parents

Toujours selon cette étude de l’INSERM, les premiers signes des troubles du spectre de l’autisme (TSA) chez l’enfant apparaissent le plus souvent chez le jeune enfant entre 18 et 36 mois.

Plus le dépistage est précoce, meilleure est la prise en charge de l’enfant autiste. Les premiers signes auxquels il faut être attentif sont les suivants :

  • l’absence de babillage à l’âge de 1 an ;
  • l’enfant ne prononce pas de paroles à 18 mois
  • l’absence d’association de mots à 2 ans ;
  • l’usage d’un langage non fonctionnel ;
  • la perte de langage à tout âge.

Les parents et les personnes de l’entourage de l’enfant notamment celles qui le gardent (assistante maternelle, personnel de la crèche, etc.) doivent se poser des questions à l’observation régulière de l’un ou de plusieurs des signes ci-dessus.

Outre ces signes, il faut également être vigilant lorsque s’ajoutent des comportements récurrents tels que :

  • des troubles de la communication et de la gestuelle. En effet, un enfant qui ne parle pas ou peu et qui n’arrive pas à un montrer de doigt présente potentiellement un double signe d’alerte ;
  • des troubles du comportement comme la répétition de gestes régulièrement ou encore des obsessions inhabituelles ;
  • des relations sociales difficiles dues à un isolement qui relèverait en grande partie à des comportements inadaptés et/ou à une incompréhension des émotions d’autres personnes.

Que faire en tant que parents ?

Les parents sont les personnes qui connaissent le mieux leur enfant et qui peuvent observer avec vigilance son comportement afin de détecter d’éventuels troubles passagers ou répétés. Quel que soit la récurrence des signes observés, le mieux dans un premier temps est de prendre rendez-vous avec son pédiatre ou médecin traitant qui en cas de besoin redirigera parents en enfant vers le ou les professionnels de santé les plus adaptés car il est important d’être réactif dès les premiers doutes de tendance autistique : un dépistage précoce assure une prise en charge rapide et un accompagnement le plus tôt possible de l’enfant.

Comment faire dépister un enfant ?

En cas de doutes exprimés auprès du pédiatre ou du médecin traitant, ces derniers guident les parents dans les premières démarches à accomplir.

Des outils d’évaluation et de dépistage existent : le plus connu est le test Modified Check-list for Autism in Toddlers, appelé aussi M-Chat et peut être réalisé avec des enfants à partir de 18 mois. Il permet d’alerter sur des signes mais il ne s’agit pas d’un diagnostic qui devra être fait si nécessaire au moyen de tests et de bilans.

Les différentes formes d’autisme

Il existe plusieurs formes d’autisme qui peuvent atteindre petits et grands à des degrés plus ou moins avancés :
  • l’autisme infantile ;
  • le trouble désintégratif de l’enfance ;
  • le syndrome d’Asperger ;
  • le syndrome de Rett ;
  • l’autisme atypique et les autres troubles envahissants du développement.

Vers quelles thérapies se tourner ?

Une fois le diagnostic posé, s’il est positif, il est nécessaire d’entourer l’enfant, de le soutenir et de l’encourager pour le comprendre et le faire progresser. Parents et enfants doivent être pris en charge et bénéficier de solutions adaptées pour améliorer leur vie au quotidien grâce à des actions qui favorisent la socialisation les apprentissages, la communication tout en diminuant les symptômes autistiques de l’enfant.

Des méthodes sont recommandées par la Haute Autorité de Santé. Il peut s’agir :

  • d’interventions biomédicales comme des traitements médicamenteux et des régimes alimentaires ;
  • de thérapies cognitives qui aident à développer l’apprentissage et les compétences des enfants autistes ;
  • d’interventions comportementales comme la méthode ABA qui favorise l’inclusion sociale et développe les capacités d’apprentissage ;
  • d’intervention sur le développement avec les méthodes TEACCH qui permet à l’enfant de structurer l’environnement afin de se repérer dans l’espace et le temps ou Denver qui peut intervenir chez des enfants très tôt dès l’âge de un an ;
  • d’interventions intégratives personnalisées pour faciliter l’inclusion en milieu ordinaire comme la thérapie d’échange et de développement (TED) qui consiste en le développement des compétences de l’enfant et l’information de l’entourage sur les particularités de l’autisme ;
  • des interventions psychomotrices et sensori-motrices qui agissent sur les troubles neuromoteurs et les capacités psychomotrices afin de réduire les troubles ;
  • des interventions en matière de communication qui peuvent passer très tôt par des séances d’orthophonie pour développer les capacités de langage et ainsi favoriser les relations sociales et l’inclusion scolaire.

Les enjeux pour des parents face à l’autisme de leur enfant sont notamment de réussir à entrer en communication avec lui, de l’entourer, de faire de la pédagogie autour de cette maladie pour qu’elle soit mieux comprise, de stimuler l’enfant pour le faire progresser.

Anne Vaneson-Bigorgne

 



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