Santé et longévité : comment faire pour que l’histoire dure ?


La Fondation PiLeJe qui œuvre à promouvoir la santé durable, a co-organisé avec l’Institut Pasteur de Lille et avec le parrainage de l’Académie nationale de médecine, a organisé le 8 décembre 2021 un colloque digital intitulé « Longévité, une révolution mais à quel prix ? »

En amont, elle a fait réaliser un sondage par le cabinet Elabe sur un échantillon de 1001 personnes représentatives de la population française, âgées de 18 ans et plus. Les réponses, éclairées par le sociologue Serge Guérin, spécialiste des enjeux du vieillissement, réservent parfois des surprises.

La France est-elle préparée à la révolution du bien vieillir ?

Les Français se montrent optimistes quant à l’espérance de vie des futures générations dans les années à venir. En effet, 78 % des personnes interrogées pensent qu’on pourra vivre plus longtemps en bonne santé et 89 % que l’on pourra vieillir plus longtemps chez soi. Ces chiffres diminuent chez ceux ayant du mal à boucler leur fin de mois (66 %) et chez les habitants des communes rurales (73 %), fortement impactées par les déserts médicaux.

La crise sanitaire « aura retissé du lien et fait prendre conscience de nos interdépendances, et ce malgré le renforcement de certaines fractures », explique Serge Guérin. Face à cette crise, la prise de conscience rapide des Français, leur résilience et leur adaptabilité, permet d’avancer que le « gaulois réfractaire » se porte bien !

Les Français prennent leur santé en main

Pour rester en bonne santé, les Français préconisent d’agir sur leur hygiène de vie et plébiscitent à 97 % une alimentation saine et à 96 % une activité physique régulière. Une prise de conscience en augmentation de 15 % en un an, si l’on compare le sondage de 2020 où ils étaient respectivement 82 % et 81 % à prôner une alimentation saine et une activité physique. « Les Français ont évolué plus vite que le système de santé, et la prévention, la naturalité, le bio et les médecines complémentaires ont été mobilisés. La Covid a permis une prise de conscience beaucoup plus forte de notre fragilité et a accéléré le mouvement. Il ressort que les messages du gouvernement motivent surtout les motivés et qu’ils ne sont pas adaptés aux populations en ayant le plus besoin », analyse Serge Guérin au regard du sondage qui rapporte que l’utilité de faire du sport est préconisée par 83 % des Français -dont 58 % comme très utile chez les 18-24 ans et 59 % auprès des catégories supérieures, versus seulement 44 % chez les catégories populaires.

La prévention devient une priorité

Voir son médecin régulièrement est jugé utile par 83 % des Français. La surprise vient de l’augmentation considérable (56 % en douze mois) par rapport au sondage de 2020 où ils n’étaient que 27 % à croire utile de consulter leur médecin régulièrement. La Covid est un accélérateur dans la prise de conscience du rôle de la prévention, puisqu’en 2020, les sondés étaient 52 % à estimer que la prévention occupait une place suffisante dans notre système de santé, alors qu’en 2021, ils sont 85 % à penser qu’il est nécessaire de mener des campagnes de prévention massives.

Des Français optimistes mais lucides
  • 78 % des Français pensent que dans les années à venir on pourra vivre plus longtemps en bonne santé, un avis partagé par seulement 66% des personnes ayant du mal à boucler leurs fins de mois ;
  • 89 % d’entre eux pensent que l’on pourra vieillir plus longtemps chez soi.
  • 79 % des Français estiment que l’on pourra vivre plus longtemps, un chiffre qui tombe cependant à 73 % dans les communes rurales transformées en déserts médicaux ;
  • 78% des Français pensent que l’émergence de nouvelles épidémies réduira durablement l’espérance de vie dans les années à venir. Une inquiétude plus fortement exprimée chez les 65 ans et plus (85 % par rapport à 65 % chez les 18-24 ans). Les jeunes plus inquiets que les aînés vis-à-vis du vieillissement et de la maladie ;
  • 60 % des 18-24 ans déclarent craindre de vieillir alors que les 65+ affichent un score serein de 40 % ;
  • Les 24-34 ans estiment possible de rester en bonne santé jusqu’à 63 ans et l’entrée en vieillesse à 65 ans tandis que les 65+ l’estiment à 78 ans.

Pour rester en bonne santé, 97 % des Français plébiscitent une alimentation saine et 96 % prônent la pratique d’une activité physique régulière, ce qui représente une augmentation de 15 % en un an, en comparaison avec le sondage réalisé en 2020. Consulter son médecin régulièrement en prévention est jugé utile par 83 % des Français, soit une hausse de 56 % par rapport à l’an dernier. La santé, c’est l’affaire de chacun !

Anne Vaneson-Bigorgne

 



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