Recommandations de bonnes pratiques en matière d’autisme : la HAS a reculé face aux pressions corporatistes



Déclaration de Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, président du groupe d’études parlementaire sur l’autisme, à l’occasion de la sortie des recommandations de bonne pratique de la HAS en matière d’accompagnement des personnes autistes :

« Les recommandations de bonnes pratiques de la HAS en matière d’accompagnement des enfants et adolescents autistes ont été rendues publiques ce jeudi 8 mars 2012.

Dans ses recommandations, la HAS donne enfin raison aux parents, qui revendiquent depuis de nombreuses années la possibilité de recourir à des stratégies éducatives ou comportementales. Ces parents vont enfin pouvoir faire entendre et respecter leur choix, le seul efficace pour faire progresser leurs enfants.

La HAS reconnaît également que la « pertinence » des approches psychanalytiques n’est pas démontrée. En conséquence, elle ne les range pas parmi les méthodes recommandées.

Sur ces deux points, cette décision constitue un premier pas dans la bonne direction, et je m’en réjouis, ayant déposé en janvier une proposition de loi visant l’interdiction des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation de tous les financements existants à ces méthodes.

Cependant, je regrette que la HAS ait reculé sous les pressions corporatistes du lobby psychanalytique puisqu’elle a simplement choisi de classer les pratiques d’inspiration psychanalytique dans les « interventions globales non consensuelles ».

L’absence de données sur leur efficacité, à la différence des méthodes éducatives et comportementales,aurait du les faire figurer dans les pratiques non recommandées, au même titre que les régimes sans gluten, certains sédatifs et d’autres méthodes n’ayant pas fait la preuve scientifique de leur utilité.

Une fuite dans la presse laissait pourtant sérieusement penser que ces recommandations iraient dans ce sens, fuite à la suite de laquelle de nombreuses pressions semblent avoir pesé sur l’institution, qui m’ont amené à interpeler Xavier Bertrand au sujet de l’indépendance de la HAS dans ce dossier, contrainte, malgré elle, à réécrire certains passages du rapport pour laisser la porte entrouverte à des pratiques pourtant inefficaces et culpabilisantes pour les parents.

Je vais maintenant me battre en faveur de la généralisation, absolument nécessaire, des méthodes éducatives et comportementales, seules méthodes recommandées par la HAS et ayant fait la preuve de leur efficacité tant en France qu’à l’étranger.

Il est également urgent de réorienter la formation des professionnels qui est à l’heure actuelle totalement inadaptée, de même que la recherche universitaire.
J’ai saisi à ce sujet Louis Vogel, président de la conférence des présidents d’université, afin qu’il incite les présidents à revoir au plus vite le contenu de leurs formations en matière d’autisme en fonction des données les plus avancées de la science.

Il est urgent que la France rattrape son retard sur le sujet, et qu’elle donne à nos concitoyens autistes la place à laquelle ils ont droit dans notre société. »

Daniel Fasquelle




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