Publication enquête Ipsos sur l’exploitation sexuelle des enfants



Sondage exclusif Ipsos / Ecpat
– Enquête sur la perception par les Français de l’exploitation sexuelle des enfants –

Ecpat publie aujourd’hui les résultats d’une enquête réalisée par l’Institut Ipsos à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, qui a lieu le 20 novembre.

Ce sondage a été réalisé auprès d’un échantillon national représentatif de 933 Français âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas: sexe, âge, profession du chef de famille, région et catégorie d’agglomération), interrogés par téléphone les 22 et 23 octobre 2010.

Un rejet massif de la prostitution enfantine : la quasi-totalité des Français juge inacceptable qu’un majeur ait des relations sexuelles avec une personne prostituée mineure, qu’elle soit âgée de moins de 15 ans (99%) ou de 15 à 17 ans (96%). Toutefois, une proportion non négligeable la condamne en termes mesurés : 14% estiment qu’avoir des relations sexuelles tarifées avec une personne mineure de moins de 15 ans est « plutôt » inacceptable, cette proportion s’élevant à 21% lorsqu’il s’agit de se prononcer sur les prostitués de 15 à 17 ans.

Une pratique courante et subie en France : près d’un Français sur deux (45%) estime que la prostitution de mineurs en France est une pratique courante et un tiers pense que les personnes de 15-17 ans qui se prostituent en France le font souvent ou parfois par choix personnel. Toutefois, pour une majorité de Français (61%), cette pratique est avant tout subie.

Une pratique qui peut se justifier pour certains par des arguments économiques, culturels ou de choix de vie, notamment dans les pays pauvres :
– Une partie des Français juge le recours à une personne prostituée mineure plus acceptable si cette dernière affirme le faire de son plein gré (9%), prétend être majeure (14%) ou a une attitude racoleuse (5%).
– Lorsqu’il s’agit de se prononcer sur la prostitution enfantine dans les pays pauvres, les Français se montrent moins catégoriques dans leur opposition : près d’une personne sur deux (43%) estime que les personnes mineures de plus de 15 ans qui se prostituent dans ces pays le font souvent ou parfois « par choix personnel » et près d’une sur cinq (18%) pense que le tourisme sexuel impliquant des personnes de moins de 18 ans ne peut être considéré partout de la même manière car cela dépend du contexte culturel du pays. Enfin, près d’un Français sur deux (44%) considère que sans le tourisme sexuel, de nombreux enfants d’Afrique ou d’Asie n’auraient pas les moyens de subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille.

b>Seule une minorité de Français signalerait un cas de tourisme sexuel impliquant un proche : si l’une de leurs connaissances avait pratiqué du tourisme sexuel avec un mineur, moins d’un Français sur trois le signalerait, que ce soit à la police (18%) ou à une association (14%). La majorité préfèrerait en discuter avec la personne concernée (53%) ou ne rien faire, estimant que cela ne les regarde pas (13%). Cette attitude peut s’expliquer en partie par le fait que 29% des Français ignorent ou ne se prononcent pas sur le fait que les relations sexuelles contre rémunération avec une personne de moins de 18 ans à l’étranger conduisent à des peines de prison en France.

La consultation d’images pédopornographiques sur Internet, une pratique facile et courante malgré les sanctions encourues : 53% estiment que c’est une pratique courante, et 62% que l’accès à ce type de contenu est « facile ». Pour autant, les Français ne banalisent pas la consultation de telles images : 97% estiment que c’est un acte grave (dont 81% « très grave »). Par ailleurs, 94% des Français savent que le téléchargement et la possession d’images pornographiques mettant en scène des mineurs est passible de peines de prison.

Un jugement mitigé de l’action des pouvoirs publics en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales : un Français sur trois (32%) déplore l’inactivité des pouvoirs publics dans ce domaine. Par ailleurs, le récent accord (rejeté par le Conseil Constitutionnel) autorisant le renvoi de mineurs roumains isolés dans leur pays sans passer par un juge pour enfants et sans rendre obligatoire une enquête sociale sur leur situation aurait conduit pour 55% des Français à une moins bonne protection de ces mineurs, seuls 34% considérant au contraire que cela aurait amélioré leur protection en les éloignant des réseaux susceptibles de les exploiter sexuellement en France.

A propos d’ECPAT

ECPAT (End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes) a pour vocation de lutter contre l’exploitation sexuelle et commerciale des enfants, c’est à dire toutes les formes de prostitution enfantine, pornographie enfantine, vente et trafics d’enfants à des fins d’abus sexuels. ECPAT est née à l’initiative de plusieurs associations qui ont lancé, à la fin des années 80, depuis l’Asie du sud-est, un appel à la mobilisation. Aujourd’hui ECPAT est un réseau international représenté dans plus de 70 pays à travers le monde.
En France, ECPAT mène de nombreuses actions visant notamment à :
– Sensibiliser sur les réalités de l’exploitation sexuelle des enfants
– Former les acteurs clés de la lutte
– Renforcer les lois et leur application
– Soutenir des projets de réhabilitation et de réinsertion des enfants victimes
ECPAT a développé des partenariats forts avec de nombreux acteurs impliqués dans ce combat : pouvoirs publics, professionnels du tourisme, médias, organisations internationales, associations.
Nos actions sont soutenues notamment par : l’Union Européenne, l’Agence Française de Développement, Air France.

Tous les tableaux de résultats et leur analyse sont disponibles dans la pièce jointe de ce mail et sur le sitewww.ipsos.fr




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