Premier enfant traité par protons sous anesthésie générale



Le premier enfant traité par protons sous anesthésie générale a été pris en charge au Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie (Orsay) en mai dernier.
Agée de 2 ans et atteinte d’un rhabdomyosarcome de l’orbite, cette petite fille n’aurait pas pu bénéficier des avantages de la protonthérapie sans une anesthésie générale. Les enfants pour lesquels une anesthésie est indispensable devaient jusqu’à présent se rendre au Massachusetts General Hospital de Boston ou au Paul Scherer Institute de Villigen en Suisse.
En effet, cette forme de radiothérapie ultra-précise impose des contraintes souvent impossibles à respecter chez le très jeune enfant, même sous sédatif. Désormais des enfants de moins de 4 ans peuvent, sous certaines conditions très précises, être traités par protons. L’installation d’une équipe d’anesthésie est l’une des nombreuses étapes du plan de rénovation complète du Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie qui permettra, à l’horizon 2009, de doubler le nombre de patients traités.
La protonthérapie est une technique de radiothérapie conformationnelle permettant d’irradier avec précision et fiabilité des tumeurs situées à proximité d’organes sensibles, comme le nerf optique ou certaines parties du cerveau. Limitant au maximum l’irradiation des tissus sains et donc les séquelles, elle est parfaitement adaptée au traitement de certaines tumeurs pédiatriques. Seuls 18 centres dans le monde pratiquent cette forme de radiothérapie; le Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie (Orsay, Essonne) est au premier plan mondial avec plus de3 000 patients traités depuis son ouverture en 1991.

L’anesthésie, indispensable pour traiter les très jeunes enfants
La protonthérapie est une indication thérapeutique de choix pour le traitement de tumeurs rares (chordomes et des chondrosarcomes) de la base du crâne, de certaines tumeurs du système nerveux central (gliomes des voies optiques, craniopharyngiomes) et de certains rhabdomyosarcomes du massif facial.
Une cinquantaine d’enfants a déjà été traitée au Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie avec des taux de contrôle local et de survie élevés, sans toxicité majeure. Toutefois à ce jour, seuls les enfants de plus de 4 ans pouvaient en bénéficier. En effet, cette forme de radiothérapie ultra précise nécessite un positionnement au millimètre près, grâce à l’utilisation d’un masque de contention et d’un fauteuil robotisé. L’installation du patient demande environ une vingtaine de minutes pendant lesquelles il est bloqué sous un masque et ne doit pas bouger, ce qui n’est pas envisageable avec un très jeune enfant.
Une équipe d’anesthésie vient donc de rejoindre le Centre de Protonthérapie, ce qui permettra de traiter les enfants de moins de 4 ans, sous anesthésie générale. Désormais, une dizaine d’enfants pourront être traité par an et, d’ici 2 à 3 ans, il sera possible de faire bénéficier de la protonthérapie à une vingtaine d’enfants par an.

Vers une nouvelle envergure internationale
La première étape de cette rénovation a été l’installation du dispositif d’alternance rapide en novembre 2005 qui permet désormais, grâce au remplacement de l’aimant de 45 tonnes par trois aimants plus petits et plus sophistiqués, de réorienter le faisceau de protons d’une salle de traitement à une autre en moins de 2 minutes contre 20 minutes auparavant. Grâce à ce gain de temps, les radiothérapeutes traitent 30 % de malades en plus, passant ainsi de 345 à 450 patients par an.
• En 2008, le Centre de Protonthérapie va installer un accélérateur de nouvelle génération qui remplacera l’actuel synchrocyclotron et permettra de desservir deux nouvelles salles de traitement.
• En 2009, l’installation d’un bras isocentrique permettra d’orienter le faisceau autour du patient selon toutes les incidences pour traiter de nouvelles indications jusqu’à présent impossibles, notamment chez l’enfant.
Grâce à tous ces développements, les équipes du Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie pourront traiter au moins 500 patients par an à partir de 2010, contre 350 actuellement, avec de nouvelles indications notamment chez l’enfant, en particulier le médulloblastome, tumeur du cervelet.
Par ailleurs, la recherche biologique et clinique autour de la protonthérapie se développe dans le cadre d’un des projets du Cancéropôle Ile-de-France consacré à l’optimisation technique, la radiobiologie et l’évaluation médico-économique de la protonthérapie. Pour permettre ces changements importants, les moyens du centre devront fortement augmenter d’ici 2009 sur le plan financier et humain, avec un effectif en personnel qui sera doublé. L’ensemble de ces projets va permettre au Centre de Protonthérapie de l’Institut Curie de prendre une nouvelle envergure internationale.
Les indications de la protonthérapie sont actuellement limitées. Elles sont très précisément définies avec nos partenaires : l’Institut Gustave Roussy, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, ainsi que les équipes nationales à travers la Société Française des Cancers de l’Enfant, la Société Française de Radiothérapie Oncologique et le Groupe Français ‘Hadronthérapie (regroupant le centre de protonthérapie de Nice et les futurs utilisateurs d’ions-carbone à Lyon).

Les tumeurs pédiatriques traitées par protons
Quoique peu fréquents (1 % des cancers), les cancers pédiatriques restent dans les pays développés la deuxième cause de mortalité chez les enfants de 1 à 15 ans. 2 000 nouveaux cas sont à déplorer chaque année dont 30 % de leucémies et 70 % de tumeurs solides de grande hétérogénéité (plus de 40 sous-types).
Les chordomes, tumeurs rares à malignité locale, peuvent se développer au niveau de la base du crâne. Ils ont une croissance lente, révélée souvent par la compression d’organes avoisinants, responsables de troubles neurologiques et de douleurs.
Les chondrosarcomes sont des tumeurs rares d’origine cartilagineuse.Les chordomes et les chondrosarcomes, considérés comme radiorésistants, nécessitent des doses d’irradiation élevées (> 70 Gy). En conséquence, la radiothérapie par photons seule ne permet pas d’obtenir un contrôle local suffisant. Elle est généralement associée à une radiothérapie par protons. L’association de la chirurgie, de la radiothérapie classique et de la protonthérapie est la stratégie thérapeutique de référence des chordomes et des chondrosarcomes.Les médulloblastomes sont des tumeurs malignes de la région postérieure de l’encéphale. On dénombre environ 60cas par an. Cette tumeur, la plus fréquente du système nerveux chez l’enfant, survient principalement entre 3 et 8 ans.
Elle a une croissance rapide, ce qui rend son traitement d’autant plus difficile. La tumeur se traduit le plus souvent par des chutes fréquentes, des maux de tête et des vomissements dus à une hypertension crânienne. Les gliomes sont des tumeurs du système nerveux central (encéphale et moelle épinière). Ils regroupent différents types de tumeurs selon de la nature des cellules d’origine. Les gliomes naissent dans les couches profondes du cerveau, puis s’étendent en infiltrant et en comprimant le tissu cérébral sain.Les craniopharyngiomes sont des tumeurs de la région de l’hypophyse. Elles représentent 15 % des tumeurs cérébrales de l’enfant. Outre les maux de tête, les vomissements et les troubles de la vue dus à la compression de certaines régions du cerveau, elles sont responsables d’une insuffisance de la sécrétion des hormones hypophysaires.Les rhabdomyosarcomes sont les tumeurs mésenchymateuses malignes les plus fréquentes (60 à 70 % d’entre elles). Elles se développent au niveau des cellules musculaires striées et s’observent dans 22 à 26 % des cas au niveau de la tête et du cou. Leur traitement associe chimiothérapie, chirurgie et, selon les cas, une radiothérapie locale.

La société AREVA contribue financièrement au développement de la protonthérapie à l’Institut Curie.

Source: Institut Curie




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