Médiation par les pairs : une école de la relation




Le n° 307 de NVA est paru

> Après l’agression de plusieurs lycéens et d’une enseignante dans un lycée de la région parisienne en septembre dernier, les ministres de l’Intérieur et de l’Education Nationale ont présenté un énième plan de lutte contre la violence à l’école, réaffirmant que « les établissements scolaires doivent être sanctuarisés, à l’abri de toute forme de violence». Et d’évoquer pour cela la mise en place de sas de sécurité, de vidéosurveillance, de portiques de détection, correspondants sécurité-écoles, équipes mobiles d’intervention… une logique de tranchées qui suppose que la violence existe uniquement en dehors de l’école. Ce qui n’est pas la réalité.

> Certes, les mesures de protection et d’intervention sont nécessaires pour faire face aux agressions dont l’école est victime, mais encore faut-il que les élèves n’aient pas le sentiment d’être les cibles de tous ces dispositifs, sous peine de renforcer leur méfiance et leur agressivité à l’égard de l’institution et des adultes en général. L’éducation ne peut faire l’économie de la relation éducative, entre l’enseignant et l’enseigné, entre l’adulte et l’enfant. L’éradication de la violence n’a rien de mécanique ; c’est un processus complexe qui touche aussi bien à la formation des enseignants, à la cohérence des équipes éducatives, à la présence de personnels formés, aux choix pédagogiques, aux relations école-famille…

> Des études sociologiques montrent que, dans certains établissements, les rapports entre pairs ne sont plus régulés que par la confrontation physique : les enfants, de plus en plus violents et de plus en plus jeunes, se « socialisent » par les coups et les bagarres, pour se faire accepter dans le groupe ou affirmer leur pouvoir. La distinction entre auteurs et victimes perd de sa pertinence dans un environnement où la violence est vécue comme mode de structuration des rapports sociaux. Pour contrer cette approche « sauvage » de la vie et remplir son rôle éducatif, l’école doit opposer un projet suffisamment mobilisateur et cohérent, autant que sécurisant.

> L’éducation aux compétences relationnelles et sociales à l’école est prioritaire dans une société démocratique et solidaire. Multiplions les initiatives d’apprentissage dès l’enfance de tout ce qui fait la relation à l’autre : la communication, l’estime de soi, la conscience des émotions et des sentiments, la coopération, la gestion des conflits… La mise en place de la médiation par les pairs dans les établissements scolaires est de ce point de vue une démarche essentielle pour un éveil au relationnel. Cette citoyenneté en action permet de sortir de la violence pour entrer dans une socialisation non-violente.

Avec des contributions de François Cribier, Françoise Raguin, Hélène Roussier, Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, Marianne Souquet, l’AROEVEN de Dijon, Gilles Boulay, Thierry Dudreuilh, Richard Cohen et Rafaël Tyszblat, Ginette Vézina, et la Chronique-BD de Théa Rojzman.

N°307 – Novembre-décembre 2009, 6 euros. Abonnement : 35 euros (abonnement promo : 28 euros)
Commandes en nombre : 5 ex. 25 euros – 10 ex. 42 euros (port inclus)
NON-VIOLENCE ACTUALITÉ, BP 241, 45202 Montargis cedex Tél. 02 38 93 67 22. Fax. 09 75 38 59 85.
E-mail : nonviolence.actualite@wanadoo.fr Site : www.nonviolence-actualite.org

Source : Non Violence Actualité




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