L’EURO 2016, CE N’EST PAS QUE DU FOOT !



Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu l’impression d’aimer le sport et le foot en particulier. Ça a commencé dans les années 70 avec les « Verts », un peu comme Obélix tombé dans la potion magique.

Si dans les années 80 le monde du journalisme sportif, y compris en région, avait été un tantinet moins « machiste », j’en aurais même peut-être fait mon métier… mais tenter de convaincre que l’on peut avoir un peu plus de 20 ans, avoir les cheveux blonds, aimer le sport et savoir de quoi on parle, quand il y a des prés carrés bien gardés par des journalistes en fin de carrière accrochés au privilège qu’ils ont à couvrir les matches locaux, on ne fait pas forcément le poids contre les idées reçues de la jeune stagiaire qui va mettre le cirque dans un service des sports exclusivement masculin.
Je n’ai pas fait carrière dans le journalisme sportif, mais j’ai continué à aimer le sport et les sensations qu’il procure, à assister à des matches, été comme hiver, qu’il neige, qu’il gèle, qu’il vente ou qu’il fasse trop chaud… seule, avec mes frères, des ami(e)s, en famille, avec mes enfants.

Les compétitions de foot, au-delà de la finale de St Etienne avec ces maudits poteaux carrés à Glasgow contre le Bayern de Munich en 1976 en finale de la coupe d’Europe, j’ai bien en tête un autre match aux faits de jeu qui -lorsque l’on à 12 ans- vous marquent : Monsieur Foote, l’arbitre de Bulgarie – France en 1978, le soi-disant but hors-jeu de Platini, l’imaginaire pénalty accordé à la Bulgarie, et surtout l’inoubliable « Monsieur Foote, vous êtes un salaud » de Thierry Roland. A cette époque, c’était une « grosse insulte » qui a valu à son auteur une suspension d’antenne.

A cette injustice, s’est ajoutée celle de Séville durant la coupe du monde en 1982 contre l’Allemagne, un match impossible à oublier : Harald Schumacher le gardien de but allemand qui « agresse » Patrick Battiston, tombé raide, inconscient… la civière, Platini qui tient la main de son ami qui n’a toujours pas repris connaissance, le temps de traverser le terrain avec les soigneurs… la défaite au bout de la nuit… pas de sanction, pas d’excuses, et 30 ans plus tard, quand Schumacher en reparle, il ne s’excuse toujours pas. Des souvenirs qui font que chaque France – Allemagne, depuis, n’a plus la même saveur mais un air de revanche, du moins dans mon esprit.

Puis il y a eu l’Euro 1984, en France et la revanche de la bande à Platini qui remporta la finale. Le bonheur d’une équipe, d’une nation, la fierté d’avoir remporté une compétition internationale contre l’Espagne.

Et… je pourrais vous égrener les compétions internationales les unes derrières les autres jusqu’en 1998…

1998, la coupe du Monde en France. Mon fils avait 6 ans et demi. J’ai vécu tous les matches avec lui sur mes genoux. Nous avons jeté des sorts à Chilavert, cette montagne infranchissable sur la ligne de but du Paraguay en huitième de finale. J’expliquais à mon fils que si « nous » allions jusqu’aux tirs aux buts contre ce goal, nous serions éliminés… et puis, Laurent Blanc « nous » a délivré avec « son but en or » à la 114e minute, juste une minute avant les tirs aux buts. Du soulagement, de la joie, des émotions fortes… tout ce que j’aime au travers du sport !

Et France – Italie en quarts de finale et la séance de tirs aux buts, insoutenable… Là aussi, tels des magiciens un peu sorciers, nous avons envoyé des sorts à Pagliuca, le gardien de but italien. Et au moment où Di Baggio a positionné sa balle, cela devenait irrespirable. On sentait qu’il voulait frapper « comme un sonneur »… et sa « mine » a fait trembler la barre transversale !

Si les smartphones avaient existé à l’époque et qu’une personne malintentionnée nous avait photographiés, nous aurions eu l’air ridicule mon fils et moi ! Nous avons tellement cru que nos sorts jetés nous aideraient, que nous avons gagné ! Je connais un préparateur mental à l’inverse de Saint-Thomas qui ne croit que ce qu’il voit, voit ce à quoi il croit : nous y avons cru, nous l’avons vu !

France – Croatie en demi-finale, avec le képi posé au bord du terrain par Blazevic, l’entraîneur croate, pour rendre hommage à Daniel Nivel, le gendarme agressé à Lens par des hooligans allemands, qui est resté infirme à la suite de ses blessures.

Le coup de gueule d’Aimé Jacquet à la mi-temps alors que les 2 équipes sont à égalité 0 à 0 : « aucune chance, mais aucune chance les gars… » et les deux buts de Lilian Thuram « l’homme aux pieds carrés ». La qualification pour la première fois de son histoire d’une équipe de France de football en finale de la coupe du Monde.

Enfin, 16 ans après Séville et ce match contre l’Allemagne perdu si injustement et qui « nous » avait privé d’une finale de coupe du Monde.

Une finale contre le Brésil, que l’on avait déjà battu en 1/4 de finale de la coupe du Monde en 1986 aux tirs aux buts contre la bande au « Docteur » comme était surnommé Socrates et à Zico, le « Pelé blanc » ! On pouvait le refaire… Le premier but de Zidane, qui se rattrapait de sa coupe du Monde en demi-teinte, le deuxième but de Zizou, qui quelques jours après Thuram était temporairement le héros d’un soir, et le but d’Emmanuel Petit. Déjà à 2 à 0, il ne pouvait plus rien nous arriver, c’était « notre » soir, enfin !

Je ne sais pas si mon fils âgé aujourd’hui de 24 ans se souvient de sa 1ère coupe du Monde avec sa mère, d’être allé défiler sur mes épaules dans les rues de Metz où nous vivions, parce que « mon chéri des événements comme celui-là on en vit une fois dans sa vie ». La joie et le bonheur des personnes qui défilaient avec nous dans les rues par ce qui était une douce soirée d’été et dont la température s’est enflammée sous la ferveur et la liesse… c’était hier.

Et l’Euro 2000 : cette égalisation de Sylvain Wiltord à la dernière seconde et la reprise de volée absolument magistrale synonyme de but en or de David Trézéguet. Exit les Italiens qui menaient… On venait de renverser la situation, on enchaînait les titres.

Jusqu’à la coupe du Monde en Corée… où j’ai voulu croire à une qualification jusqu’à la fin du dernier match de poules. Quel cauchemar. Avec le décalage horaire les matches se jouaient à 9h du matin pour certains. Nous avions négocié avec notre employeur d’avoir le droit de regarder le match en salle de réunion en arrivant à condition de ne pas faire de pause le midi. Tout ça pour ça, plus de magie, on avait perdu notre football, on n’y arrivait plus même face à des adversaires plus modestes sur le papier, mais qui en avait peut-être plus envie que nous !

Sans oublier le coup de tête de Zidane à Materazzi en 2006, quel gâchis… Et le bus de Knysna en 2010, quelle honte.

Et puis, il y a cet Euro 2016, à nouveau en France. Si on observe bien l’algorithme des victoires de la France s’agissant du championnat d’Europe, c’est tous les 16 ans : 1984, 2000… 2000 + 16 = cette année ! Si je veux voir une victoire, je dois y croire, donc j’y crois !

Mon fils de 24 ans est trop grand  pour tenir sur mes genoux tout un match, ma fille du haut de ses 14 ans est un peu trop grande aussi, mais je sais qu’elle va investir le salon et envahir l’espace sonore ! C’est une supportrice, elle aime le sport, elle tient cela de sa mère et c’est un bonheur de partager un tel engouement avec mes enfants depuis tout jeune.

L’Euro ça commence aujourd’hui. Que l’on aime ou pas le foot et tout ce qu’il y a autour, moi ce qui me plait dans le sport, outre les souvenirs que j’ai avec mes enfants, avec mon père et avec mes frères, ce sont les beaux gestes, l’implication, le sens de l’engagement, le dépassement de soi et toutes les émotions que cela procure.

Se souvenir de là ou on était et avec qui à l’occasion de tel but ou de telle victoire, voire de défaite.

L’Euro, ce n’est pas que du foot, c’est aussi des émotions, du partage et de futurs souvenirs entre les générations !

Pour les plus fans, j’ai réalisé une sélection de jeux et jouets sur le thème de l’Euro pour que vos petits puisse accompagner leur équipe préférée.

Je vous souhaite de beaux moments de partage.

 

 

 

 




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