Les français et l’école : une étude* réalisée par IFOP pour Acteurs Publics (suite)



3. Des objectifs spécifiques assignés à l’Ecole

Au cœur de ces fractures et clivages qui traversent l’opinion, réside la question de la finalité que chaque individu assigne àl’Ecole. Sur ce point, les Français expriment une hiérarchie claire. En effet, invités àindiquer ce que doit être la principale mission de l’école, les personnes interrogées mentionnent avant tout la transmission des savoirs fondamentaux et de la culture générale (40%). A cet objectif de l’Ecole, directement issu de l’héritage de la Troisième République, répond la mission assignée par plus d’un quart des Français (26%), de permettre àchacun de trouver un emploi àla fin de sa scolarité. Cette finalitédevance la nécessité pour l’Ecole de garantir l’égalitédes chances entre les élèves (19%), dimension que les débats sur la carte scolaire ou l’aide apportée aux ZEP ont remis au cœur du débat sur l’école. Viennent ensuite, àdes niveaux inférieurs de citations, deux autres missions : l’apprentissage de la citoyennetéet de la vie en société (11%), objectif civique qui dépasse nettement la vision de l’Ecole comme devant favoriser l’épanouissement personnel, citée très
marginalement (4%).
Ainsi, la vocation originelle et longtemps quasi unique de l’Ecole, à savoir la transmission des savoirs fondamentaux, demeure essentielle pour une partie importante de l’opinion. Néanmoins, signe d’une évolution de l’opinion, l’objectif professionnel de l’école sous-tendu par le respect de l’égalitédes chances est désormais érigé comme une des missions prioritaires de l’institution scolaire. L’analyse des réponses associées àces représentations des «deux Ecoles»révèle par ailleurs quelques clivages et paradoxes selon les catégories socio-démographiques et les familles politiques.Ainsi, la génération des 25-34 ans pourtant la plus en prise avec l’enjeu de l’insertion dans la vie professionnelle, met le plus en exergue la vocation originelle de l’Ecole comme lieu d’acquisition des savoirs et de la culture générale (46% contre 24% pour trouver un emploi). S’agissant des catégories socioprofessionnelles, les ouvriers assignent davantage à l’Ecole cet objectif professionnel orienté vers l’emploi tandis que les cadres, les professions libérales et les professions intermédiaires restent davantage attachés à la mission historique de l’Ecole de transmission des savoirs.

Enfin, cet objectif principal associé au système scolaire fait l’objet de nuances selon la sympathie partisane. Ainsi, les proches du Modem (48%), des Verts (45%) de l’UMP (44%) et à un degrémoindre les sympathisants socialistes (37%) citent d’abord la mission d’acquisition et de transmission des savoirs fondamentaux. En revanche, les proches de Lutte Ouvrière et ceux du Parti Communiste attendent de l’institution scolaire qu’elle constitue une porte d’entrée dans la vie professionnelle ou qu’elle assure l’égalité des chances. C’est d’ailleurs cette dernière mission que les sympathisants du Nouveau Parti Anticapitaliste mettent le plus en exergue.

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Frédéric DABI –Directeur du département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’Ifop
Yves-Marie CANN –Directeur d’études au département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’Ifop

*Echantillons :Échantillon de 952 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Dates de terrain : Du 12 au 13 février 2009
Mode de recueil : Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées.

Source : IFOP




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