L’enfant, entre besoins et désirs : Faut-il tout lui céder ?




> Pour sa survie, le nouveau-né est entièrement dépendant de la satisfaction immédiate de ses besoins. Et ses parents y répondent au mieux, sans se demander s’il s’agit de besoins ou de désirs. En grandissant, l’enfant essaiera de prolonger le plus longtemps possible cette situation de « toute-puissance ». La distinction entre besoin et désir est cependant capitale pour son développement. Françoise Dolto en a montré l’importance. Autant il faut répondre aux besoins élémentaires de l’enfant (être nourri, changé, se sentir en sécurité, reconnu par ses parents, etc.), autant il est déconseillé de répondre systématiquement à ses désirs. L’enfant a besoin que son désir soit entendu, reconnu, mais pas automatiquement comblé.

> Avoir besoin de nourriture, de vêtements, de relations sociales… n’est pas la même chose qu’avoir envie du portable dernier modèle ou d’une paire de chaussures de la marque à la mode ! Le marketing s’emploie à entretenir savamment l’amalgame entre besoins et désirs, et se propose de satisfaire toutes les envies y compris celles qu’elle suscite elle-même. C’est en posant très tôt des limites et en affirmant des valeurs que les parents vont transmettre la « loi symbolique » qui fonde le champ humain et à laquelle l’enfant va confronter ses désirs et ses attentes. Les règles de vie qui lui auront été inculquées lui permettront de surseoir, de renoncer, et donc de grandir.

> Il est parfois difficile de résister aux désirs de l’enfant si l’on a soi-même obéi au « désir d’enfant ». Comme le dénonce depuis longtemps le psychosociologue Jacques Salomé, les enfants d’aujourd’hui sont trop souvent élevés à partir de leurs désirs sans que leurs véritables besoins relationnels soient pris en compte (écoute, affirmation de soi, estime de soi). La frustration de ces besoins les conduit à compenser par des désirs sans limite, confortés par un discours consumériste toujours plus aguicheur. La violence qu’ils manifestent en retour exprime le fossé qui existe entre leurs exigences démesurées et la réalité de leur quotidien. Et les mots pour le dire sont devenus impuissants pour empêcher le passage à l’acte.

> Ces enfants devenus adolescents, seuls ou en bandes, ont alors le sentiment qu’ils peuvent tout exiger de leur environnement, sans délais. C’est une des sources de la violence que l’on observe actuellement dans la famille et à l’école. La violence est leur façon de manifester leurs frustrations et d’être reconnus par leurs pairs. Pas étonnant dans ces conditions qu’ils se dressent contre tout ce qui incarne la contrainte : adultes comme institutions. Tel est le lourd bilan d’une absence de limites et de la non satisfaction des besoins relationnels de l’enfant. L’éducation à la relation est une urgence, y compris pour la cohérence et l’efficacité des politiques de prévention de la violence.

Avec des contributions de Jacques Salomé, Hervé Ott, Catherine Claveau, Caroline Ader Lamy, Nathalie Dard, Philippe Meirieu, Jacques Trémintin, et la Chronique-BD de Théa Rojzman.

N°309 – Mars-avril 2010, 6 euros. Abonnement : 35 euros (abonnement promo : 28 euros)
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Source ; Non Violence Actualité




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