La proposition de la Commission européenne pour une nouvelle directive sur la sécurité des Jouets ne prévient pas l’exposition des enfants à des composants cancérigènes



WECF, Femmes en Europe pour un Avenir Commun, organisait ce débat d’experts mercredi 3 septembre alors que les parlementaires se préparent à adopter la révision d’une directive âgée de 20 ans : celle sur la sécurité des jouets.

Marie Jeanne Husset, Directrice de l’Institut National de la Consommation, explique lors de l’évènement organisé le 3 septembre par WECF, Women in Europe for a Common Future, au Parlement Européen “Nous avons été choqués de trouver, lors d’un test produit réalisé il y a plusieurs années, que des jouets pour enfants destinés à être portés à la bouche, contenaient des nitrosamines, une substance extrêmement cancérigène. L’un des jouets testés portait pourtant le marquage CE;”

WECF, Femmes en Europe pour un Avenir Commun, organisait ce débat d’experts mercredi 3 septembre alors que les parlementaires se préparent à adopter la révision d’une directive âgée de 20 ans : celle sur la sécurité des jouets. Le rapporteur de l’opposition pour le comité en charge de cette proposition de directive a indiqué “Nous sommes très heureux que vous organisiez cette réunion informative, car jusqu’à présent nous avons reçu beaucoup de représentants de l’industrie, mais personne représentant l’intérêt des enfants et de leur santé.

Les parlementaires sont inquiets mais manquent d’informations

La proposition pour une nouvelle directive jouets continue d’autoriser les substances chimiques cancérigènes, en raison d’un certain nombre d’exceptions.
Dr Brueggeman de la Fédération allemande TÜV, déclare “Aucune substance cancérigène n’a sa place dans un jouet! Pour protéger la santé de nos enfants, nous devons interdire totalement les CMR (substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction) dans la composition des jouets. Il ajoute: “Autoriser une concentration de CMR jusqu’à 0,1 %, comme cela est mentionné dans la proposition, reste 1000 fois supérieur à ce qui est autorisé pour les emballages alimentaires. Cette nouvelle directive jouets est un pas en arrière! Ces substances cancérigènes sont tellement dangereuses que je ne laisserais pas mes étudiants de 2nde année à l’université expérimenter avec pendant les cours. Comment pouvons-nous laisser nos enfants toucher et jouer avec ces substances? »

Dr. Henrik Leffers, Chef du département de croissance et de reproduction de l’université médicale du Danemark, a présenté les résultats de recherches sur la santé montrant que les foetus mâles exposés pendant la grossesse aux phtalates, un perturbateur hormonal, pouvaient développer par la suite des malades incurables touchant leurs organes génitaux.

Dr. Leffers déclare “ Aujourd’hui déjà, au Danemark, 8% des enfants sont conçus artificiellement car la fécondité masculine est en déclin”. En Finlande, où jusque là la fécondité masculine était normale, nous constatons depuis quelques années la chute la plus forte du taux de spermatozoides jamais enregistrée chez les jeunes hommes. Il a du se passer quelquechose il ya 20 ans, quand leur mères étaient enceintes. Une explication possible serait que leurs fils aient été exposés à des phtalates. On en trouve en effet dans quantité de produits, nous sommes entourés de phtalates, et ils sont particulièrement courants dans les jouets.

Sascha Gabizon, Directrice Internationale de WECF : “Nous avons organisé ce débat car nous sommes très concernées, en tant que mères, par les scandales récents sur les jouets. Rien que l’an dernier, 18 millions de jouets ont été l’objet de rappels, dont des jouets portent le marquage CE, que les parents prennent souvent pour une garantie de sécurité, alors qu’il n’en n’est rien : ces produits ne sont pas contrôlés par un organisme indépendant. Certains de ces jouets, tels les fameux “scoubidous” contiennent jusqu’à 40% de phthalates”.

A ce jour aucun label européen commun n’existe, qui permette aux parents de faire des choix en connaissance de cause, et éviter d’acheter des jouets dangereux pour la santé de leurs enfants. Eva Eiderström, directrice du département eco-labeling de la Société suédoise de Conservation de la Nature explique: “Durant les 20 années passées à travailler avec fabricants et consommateurs, nous avons constaté que les fabricants préfèrent des règles claires et strictes, plutôt que des indications vagues et complexes. Nous devons exiger une exclusion totale des parfums allergisants dans les jouets. Les allergies aux fragrances sont incurables; on les développe à vie”. Eiderström et Bruggeman ont plaidé tous deux pour l’utilisation du principe de precaution: “Pour bien protéger la santé de nos enfants la directive jouets devrait être au moins aussi stricte que la directive européenne sur les aliments, car les jouets se cassent et des parties peuvent être ingérés. »

Sascha Gabizon conclut en demandant une régulation plus stricte: “Nous avons aujourd’hui l’opportunité, après 20 ans, d’interdire toutes les substances chimiques dangereuses des jouets de nos enfants. En particulier pour les jouets -qui ne sont pas des produits nécessaires à notre survie- nous devons insister pour qu’ils ne soient pas un danger pour nos enfants. C’est pourquoi tous les CMR (substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) doivent être totalement exclues, sans aucune exception. Les jouets ne sont peut-être pas une nécessité, mais la bonne santé de nos enfants en est une !

Source: WECF France – Women in Europe for a Common Future France




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