Intoxications au monoxyde de carbone : un nouveau cadre de prévention rnrn



un décret relatif à la prévention des intoxications par le monoxyde de carbone est entré en application le 1er janvier 2009.

il s’applique immédiatement aux nouvelles habitations et concernera l’ensemble du parc à partir de juillet 2010. Ce texte impose, dans les locaux destinés à recevoir un appareil de chauffage ou de production d’eau utilisant des combustibles
solides, liquides ou gazeux, la présence d’une entrée d’air permanente et d’un système d’évacuation des gaz de combustion. il prévoit des sanctions pénales à l’encontre des propriétaires qui ne respecteraient pas ces dispositions et
une obligation de mise en conformité après tout signalement d’intoxication due au monoxyde de carbone (Co).

difficile d’évaluer avec précision le nombre d’accidents dus à ce gaz inodore et incolore, issu de la mauvaise combustion du gaz, du fioul ou du charbon et qui, chaque année, prend au dépourvu un grand nombre de particuliers. les dernières statistiques établies par l’institut de veille sanitaire dénombrent 1 682 cas d’intoxication déclarée en 2006, impliquant potentiellement 4 892 personnes. une enquête plus approfondie sur les causes de ces intoxications incrimine au premier chef les chaudières (voir petit tableau de chiffre plus bas).

pour le professeur Jean Motin, membre de la commission « mono xyde de carbone » à la direction générale de la santé, « si les intoxications aiguës graves déclarées sont relativement bien identifiées, les intoxications moins graves ou chroniques sont très sous-estimées voire méconnues pour la plupart d’entre-elles. Leurs symptômes sont polymorphes, non spécifiques et trompeurs et peuvent orienter les médecins vers d’autres causes beaucoup plus fréquentes.

Seule la mesure du taux de CO dans le sang au moment des symptômes peut apporter la preuve de l’intoxication, or cette dernière est délicate et encore peu courante. Ces intoxications chroniques se caractérisent par des maux de tête, une asthénie inexpliquée, des nausées avec ou sans vomissement, des vertiges avec chutes spontanées, des pertes de connaissance brèves et répétées, des troubles visuels ou auditifs, des troubles de la vigilance (dans la conduite de véhicules ou le pilotage d’appareils complexes). L’intoxication chronique, c’est une petite dose de CO tous les jours, mais cela peut engendrer chez les enfants en bas âge de sérieux troubles cognitifs et aggraver les pertes de mémoire chez les personnes âgées.

Les intoxications chroniques peuvent également entraîner de lourdes conséquences sur les personnes souffrant d’anémie, d’hypertension artérielle ou d’insuffisance cardiaque (infarctus myocardique, oedème pulmonaire, accident vasculaire cérébral). Lorsqu’un patient consulte à plusieurs reprises avec les mêmes symptômes, il est indispensable que les soignants songent à interroger le malade ou son entourage sur son environnement domestique : la cause de son
problème peut être l’air pollué qu’il respire au quotidien, surtout en période hivernale ».

Principaux appareils à l’origine d’intoxications au monoxyde de carbone dans l’habitat en 2006*
chaudière (41,7 %)
chauffe-eau (11,2 %)
poêle (10,2 %)
chauffage d’appoint (7,2 %)
brasero / barbecue (4,8 %)
cuisinière (4,5 %)
foyer fermé (3,7 %)
groupe électrogène (3,6 %)

*En France métropolitaine.
Source : bulletin épidémiologique hebdomadaire du 18/11/2008 (no 44).

Source : Commission de Sécurité des Consommateurs




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