HISTOIRE IMMEDIATErnQUAND NOUS ETIONS ECOLIERS !rn



L’école publique est longtemps restée immuable, identique au modèle de Jules Ferry. A la fin des années soixante, elle cherche à se mettre en phase avec son temps. Elle aura beau multiplier les réformes, elle ne parviendra pas à retrouver l’image d’excellence qui était la sienne. L’école qui avait fait l’orgueil de la République, est désormais au coeur de nos soucis, de nos débats, de nos conflits.

Pour tenter de comprendre les origines de cette crise, il est utile de remonter le temps. Le film s’attache au quotidien des élèves d’aujourd’hui et le confronte à des images rares, tirées du sommeil des cinémathèques. Si le résultat est amusant, voire saisissant, l’enseignement à en retirer est moins simple qu’il y paraît.

René-Jean Rouyer, le réalisateur, est d’une génération qui a connu une école directement inspirée par Jules Ferry, sa vision de l’enseignement restait marquée par ses méthodes. Bien sûr, discipline brutale et apprentissages par cœur ont heureusement disparu, mais l’enfant se tourne-t-il spontanément vers le savoir, comme le rêvaient certains pédagogues ? Faut-il proposer ou imposer les connaissances ? L’école s’est elle démocratisée depuis cinquante ans ? Ces questions à l’heure de l’enseignement de masse, ont du mal à trouver une réponse et les enseignants cherchent chacun de leur côté des solutions.

Ce sont donc deux « maîtresses », Marilyn et Muriel, aussi sincères et dévouées l’une que l’autre, mais aux méthodes d’enseignement sensiblement différentes à qui nous avons confié le soin de nous faire découvrir la réalité du terrain, autrement dit de la classe, à Paris et en province.
Leurs élèves témoignent qu’en un siècle l’éducation est devenue plus ouverte, plus soucieuse de l’épanouissement des enfants, mais que dans le même temps les maîtres d’aujourd’hui ont perdu les certitudes des instituteurs de la communale d’autrefois. Alors quel avenir pour l’école ?

De nombreux spécialistes participent au débat : Vincent Troger (historien de l’éducation), Antoine Prost (historien de l’éducation), Arielle Adda (Psychologue), Bernard Lahire (sociologue), Luc Ferry (ancien ministre de l’éducation) ou encore Rita Hofstter (historienne de l’éducation).

Note d’intention du réalisateur

En 2010, dans un film, puis un livre : »Les mémoires d’un bébé » j’esquissais une histoire quotidienne de la petite enfance au cours du siècle dernier. Avec « Quand nous étions écoliers ! » c’est une nouvelle approche de l’enfant qui est proposée, cette fois à l’heure où il entre dans le cycle éducatif. Chronique de la vie des écoliers, c’est aussi un regard posé sur notre société depuis cent cinquante ans, car l’enseignement est un miroir de la vie française.
Mais où sont donc passés nos «Hussards noirs de la République», ces instituteurs qui, au siècle dernier, ont permis à tous les Français d’apprendre à lire, écrire et compter ? C’est en développant une approche qui, pour être historique, n’en est pas moins buissonnière et légère, que « Quand nous étions écoliers ! » se penche sur l’évolution de l’enseignement primaire, de Jules Ferry à nos jours.

Dans ce documentaire nous avons filmé durant un an, le quotidien de deux classes élémentaires. L’enseignement de la première, à Paris, est inspiré par la pédagogie de Freinet, la seconde plus traditionnelle est une « classe unique » d’un petit village de province. Une comparaison qui fait d’abord état des tendances qui animent l’école actuelle, mais qui permet aussi, à travers des archives, de mettre en regard passé et présent, de montrer le chemin parcouru pour en arriver à nos jours. Pour le meilleur ou pour le pire ? Le débat sur les méthodes n’a jamais été absent chez les enseignants. Hier l’école de Jules Ferry était prise pour cible par les éducations alternatives, type Summerhill. Aujourd’hui les « républicains » sont en désaccord avec les « pédagogues » à la recherche d’innovation. Quant aux théories de l’apprentissage, elles diffèrent profondément entre les behavioristes américains, et les européens adeptes du constructivisme de Piaget. Le résultat c’est qu’au fil des années, des réformes successives de l’éducation nationale ont tenté, sans vrai succès, de résoudre les problèmes actuels : réductions des inégalités, inquiétudes des parents, méthodes d’apprentissage… Ce film donne à comprendre que les problèmes de l’écolier d’aujourd’hui ne sont pas éloignés de ceux de l’écolier d’hier et qu’ils sont aussi le reflet des tâtonnements et des contradictions de notre société.

Ecrit et réalisé par René-Jean Bouyer

Une coproduction Cinétévé avec la participation de France 3 avec le soutien de la Procirep-Angoa et la participation du CNDP
Durée : 90’
Unité de programmes documentaires France 3 : Dana Hastier
Conseiller de programmes : Clémence Coppey


© René-Jean Rouyer

programmes.france3.fr/documentaires/




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