Grossesse et maladies cardiovasculaires : un taux de mortalité 100 fois supérieur à la normale et environ 40% de césarienne



Les grossesses associées à des maladies cardiovasculaires prééxistantes deviennent une réelle préoccupation pour les cardiologues. Les complications sont fréquentes et très souvent graves pour la mère et son enfant. “Les maladies cardiovasculaires préexistantes chez les femmes enceintes sont devenues la première cause de mortalité durant la grossesse en Europe” rappelle le Pr Komajda, Président de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) lors du congrès européen de cardiologie qui se déroule jusqu’au mercredi 31 août à Paris. “Aujourd’hui, avec les résultats du premier registre au monde consacré à la grossesse et aux maladies cardiovasculaires, nous espérons pouvoir mieux accompagner nos patientes lors de leur grossesse” ajoute-t-il.

Comme le démontraient les résultats intermédiaires du registre mis en place par l’ESC, le nombre de femmes à risque ne baisse pas, et ce principalement en raison de l’âge sans cesse plus important lors de la première grossesse, concomitamment à l’augmentation du diabète, de l’hypertension et du surpoids chez la femme.

Le Professeur Jolien Roos-Hesselink, en charge du registre pour l’ESC, a précisé que, parmi la population des 1 300 femmes étudiées, provenant de 28 pays et de 60 centres, environ 60% souffraient de maladie cardiaque congénitale ; les autres souffrant principalement de valvulopathie, de cardiomyopathie ou de cardiopathie ischémique.
– 26% des femmes ont du être hospitalisées durant leur grossesse et deux fois sur trois pour une raison d’origine cardiaque,
– le taux de décès maternel est de 1% soit 100 fois supérieur à la normale,
– le taux de mort foetal est de 4,5%, soit 10 fois supérieur à la normale,
– dans environ 40% des cas, l’accouchement s’est déroulé par césarienne.
Pour le Pr Komajda “Ces résultats dont notamment un taux de mortalité des femmes 100 fois supérieur à la normale, même s’ils doivent être encore complétés, doivent nous amener à modifier notre pratique et à mieux suivre nos patientes lorsqu’elles désirent avoir un enfant et lors de leur grossesse. Voici l’un des enjeux de la cardiologie de demain. Au-delà de ce sujet, ces résultats démontrent toute l’importance que doivent avoir les registres pour faire évoluer la médecine. Les études cliniques permettent de faire avancer la science médicale, les registres nous permettent de vérifier si nos pratiques sont conformes à cette science”.

À propos de l’ESC
La Société Européenne de Cardiologie (ESC) regroupe plus de 72 100 professionnels du domaine de la cardiologie en Europe et dans le bassin méditerranéen. Elle a pour but de réduire l’impact des maladies cardiovasculaires en Europe.




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