FAUT-IL FAIRE CROIRE AU PERE NOEL OU PAS ?



L’idée plus générale induite pourrait-être : pouvons-nous demander à nos enfants de ne pas « mentir » lorsque, au nom de croyances, légendes et religion, nous le faisons « délibérément » ? !

J’imagine que je n’appartiens pas à la seule famille où le père et la mère ne partagent pas le même avis sur le fait de laisser les enfants croire au Père Noël ?

Quand les enfants étaient petits, j’ai plutôt milité pour que nous, leurs parents, les laissions croire à la magie de Noël et du Père Noël qui fabrique les jouets au Pôle Nord avec ses lutins et qui le soir de Noël se promène dans le ciel en traîneau volant tiré par des rennes et passe par la cheminée déposer des cadeaux au pied des sapins des enfants sages… Ce à quoi mon mari objectait : « mensonge » ! Certes, soit, assurément, il y a bien là une distorsion avec les principes éducatifs que nous inculquons à nos enfants, que nous tenons nous même de nos parents qui l’ont appris de… -vous avez probablement compris l’idée !- et dont l’héritage pourrait venir du 9e commandement qui se résume à « tu ne mentiras pas ».

Nous ne voulons pas que nos enfants nous mentent et nous, adultes, nous entretenons sciemment, quelques années seulement -jamais plus de 6 à 7 en règle générale- une fausse croyance au nom de la magie de Noël, de la légende de Saint-Nicolas et de celle de la petite souris.

Mais revenons au Père Noël : est-il vraiment indispensable à la magie de Noël ? Que faut-il en penser, indépendamment de toute conviction religieuse ?

A l’origine, Noël est une fête religieuse, sans bonhomme rouge à la barbe blanche, qui s’est développée en fonction des coutumes et croyances des pays. Il semblerait que ce soit Thomas Nast, l’illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, qui en 1860, ait le premier revêtu Saint-Nicolas en rouge et blanc, Coca-Cola n’aurait rien inventé !

Maria Montessori, quant à elle, pense que « faire croire » au Père Noel implique que l’adulte use de la crédulité de l’enfant, voire s’en amuse : « dans les pays anglo-saxons, Noël est un vieillard caduc, couvert de neige qui porte dans un panier énorme les jouets aux enfants, en rentrant réellement, la nuit dans leur maison. Mais comment ce qui est le fruit de notre imagination pourrait-il développer l’imagination des enfants ? Nous seuls imaginons et non eux. Ils croient, ils n’imaginent pas […] Est-ce la crédulité que nous voulons développer chez nos enfants ? […] C’est nous qui nous divertissons de la fête de Noël et de la crédulité de l’enfant. »

A la lecture de ce passage, la magie disparaît sans enchantement !

Plus que le « mensonge », c’est la « menace » ou le « chantage » parfois fait aux enfants d’être privés de cadeaux sous prétexte que le Père Noël ne passe que chez les enfants sages qui me gêne plus.

En matière de pédagogie voire de psychologie, certains voient à travers ce « chantage » les ingrédients d’une violence éducative ordinaire. Les mots posés sont peut-être un peu forts ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Prise d’un doute, j’ai demandé à ma fille cadette ce matin ce qu’elle avait éprouvé quand elle a appris que le Père Noël n’existait pas. Sa réponse a été instantanée « je ne m’en souviens pas » m’a-t-elle dit en rigolant. Ouf, pas de traumatisme apparent ! Pour autant, du haut de ses 13 ans, elle continue à faire des listes de Noël, tout en sachant qu’il n’existe pas… parce qu’à la magie de Noël, elle y croit toujours et que rêver, elle en a besoin, comme nous tous d’ailleurs 🙂

Joyeux Noël !




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