Et si tous les enfants jouaient d’un instrument !



Orchestre à l’école est un dispositif qui propose à tous les enfants de bénéficier d’une pratique musicale collective.
Un orchestre, créé dans l’école, accueille tous les élèves d’une classe, quels que soient leurs aptitudes, leurs niveaux d’intégration ou leur comportement. Très rapidement, la classe se structure, le rapport élèves-professeurs se modifie, entre les élèves eux-mêmes également.
Aujourd’hui, près de 300 orchestres à l’école existent et 80 sont en cours de création,(ce chiffre a doublé de 2006 à 2007). Mais le nombre d’orchestres en France reste très éloigné de ce qui existe dans d’autres pays en Europe ou au Japon ou aux Etats-Unis.

Du 12 au 15 septembre à Paris, 8 orchestres se produiront au Salon de la musique et du son.

Une pédagogie innovante
Jouer d’un instrument à l’école ne se substitue pas à la pratique au sein d’un conservatoire mais, avec Orchestre à l’école, tous les enfants découvrent les grands plaisirs de la pratique en orchestre pendant que d’autres révèlent des aptitudes exceptionnelles pour la musique. L’apprentissage musical collectif dans les classes leur permet d’apprécier le plaisir de jouer ensemble, dès le premier jour, et d’interpréter leur premier concert au bout de quelques mois seulement.

Comment crée-t-on un orchestre à l’école ?
Sa mise en place est un projet collectif qui peut rassembler toutes les actions sociales et culturelles d’une ville en direction de ses jeunes… et de leurs parents.
Il doit obtenir l’adhésion de tous : l’établissement scolaire, le conservatoire ou l’école de musique, l’intervenant musique à l’école (dumiste** ou Professeur de musique), l’inspecteur
d’académie, les élus, les collectivités locales, les parents d’élèves.

L’organisation d’une classe d’orchestre
Chaque projet est unique et peut choisir la méthode pédagogique qu’il estime la mieux adaptée, dans l’esprit cependant du fondement même du projet : une pratique collective, dès le début sur des instruments mis à la disposition des enfants.
Pour chaque orchestre, un “porteur de projet” est désigné : il peut être un parent, un musicien, un directeur d’école, un professeur. Il coordonne toutes les étapes : financement, organisation, etc. Il est aidé dans ses démarches par la CSFI*.

Les orchestres peuvent se constituer à partir d’une ou plusieurs classes, ou d’enfants volontaires dans une école, les modalités sont à la carte, comme celui du type de
formation orchestrale choisie.
Le temps accordé est en moyenne de 2 h à 2h30 hebdomadaires pour la pratique instrumentale et le travail d’ensemble (1 h d’enseignement par pupitre, 1 h ou 1h30
d’orchestre) auxquelles on peut ajouter un temps de formation musicale.
Les projets peuvent s’étaler sur 3 ans.

Le financement de l’orchestre
Orchestre à l’école est un projet artistique et humain durable, pouvant être financé par les communes et d’autres institutions impliquées dans la vie éducative, culturelle et sociale
des enfants :
• sources publiques : la Mairie ou la Communauté de Communes, le Conseil Général, le Conseil Régional, la Caisse des Dépôts et Consignations …
• sources privées : les entreprises mécènes et fondations.
Les différents postes à financer sont principalement le parc instrumental, son entretien et les enseignants intervenants.
Le parc instrumental est fourni et entretenu par des luthiers et revendeurs agréés. Ce sont des partenaires essentiels pour le développement local des projets. Ce sont eux qui s’engagent à conseiller les enfants sur le maniement et l’entretien de leurs instruments, ils assurent le service après vente (entretien, réparations, échanges).

Les intervenants
• Les enseignants : leur collaboration pleine et entière est indispensable… Même s’ils ne sont pas musiciens !
• Les musiciens sont souvent des professeurs de conservatoire, parfois des dumistes** : deux musiciens multiinstrumentistes peuvent se partager le travail avec les enfants, alors que dans d’autres projets, chaque pupitre instrumental a son professeur.

*aide à la création : la CSFI conseille, met en relation des porteurs de projet et propose en ligne des documents téléchargeables. www.csfimusique.com.
**DUMI : Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant. Ils sont formés pendant deux ans dans les CFMI (Centres Universitaires de Musiciens Intervenants).

Un succès qui se constate à plusieurs niveaux :
Ouverture vers la musique : Des enfants issus d’origines diverses, de familles où l’on n’écoute jamais de musique “classique”, sont entrés pour la première fois dans des salles de concerts et de répétitions. Ils sont ainsi devenus des acteurs réels, non plus des auditeurs passifs et apprennent à respecter la musique vivante et ses interprètes.
Les diverses expériences menées démontrent que :
• tous les enfants souhaitent poursuivre l’expérience musicale dans ces conditions,
• après 2 ou 3 années de pratique dans un orchestre à l’école, un grand nombre d’entre eux désire rejoin dre une structure d’école de musique.

Des retombées positives sur le bien-être de chaque enfant, bien au-delà de la musique :
La pratique musicale collective constitue un puissant atout contre l’exclusion.
La grande majorité les projets est réalisée dans des établissements scolaires situés en ZEP.
Les élèves découvrent la pratique instrumentale de groupe et les étapes pour concrétiser un projet dont on leur explique qu’ils en sont les acteurs et les atouts. La vie sociale des
enfants s’en trouve transformée : chacun est mis en valeur tout en découvrant la solidarité et le partage, en se sensibilisant au fonctionnement d’un groupe, à la maîtrise de soi tant personnelle que collective, à l’autonomie et à l’initiative.

Les représentations publiques des élèves en concert (3 à 4 en moyenne par an) ont également un effet très positif sur l’élève.
Enseignants, principaux et directeurs d’écoles témoignent de progrès scolaires notables, d’une nette amélioration de la vie collective des enfants et d’une baisse spectaculaire des problèmes de comportements violents. Amélioration aussi des relations entre élèves, entre professeurs et élèves, meilleure cohésion de la classe.

CSFI :La Chambre Syndicale de la Facture Instrumentale réunit la majorité des acteurs de l’industrie musicale : les facteurs d’instruments (des artisans aux structures plus importantes), les importateurs, les éditeurs et les revendeurs unissent leurs forces pour développer des actions communes. Ses principaux objectifs sont : l’accès au plus grand nombre à toutes les pratiques musicales et le développement de la facture instrumentale.
La CSFI est à l’initiative et soutient de nombreux événements en France, tels que les ateliers Osez la musique qui permettent aux enfants et adultes de découvrir les instruments de musique et le plaisir de jouer ensemble ou le Salon de la Musique et du Son qui se déroule tous les 2 ans à Paris et réunit les amateurs et professionnels dans tous les domaines musicaux.

Source: Brigitte Berthelot au nom de Orchestre à l’école




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