Attention aux risques et aux conséquences d’ingestion de piles « bouton » par les enfants


A quelques jours de l’ouverture des cadeaux de Noël par les enfants, la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de la concurrence, de la consommation, et de la répression des fraudes (DGCCRF) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) publient un communiqué commun envoyé à l’Agence France Presse (AFP), pour mettre en garde les adultes sur le danger potentiel constitué par l’ingestion de piles « bouton » contenues dans certains jouets et objets électroniques du quotidien.

Les risques encourus par les enfants

De nombreux objets utilisés régulièrement (jouets, montres, télécommandes, etc.) fonctionnent avec des piles « bouton », qui présentent un danger quand elles sont ingérées par les enfants notamment.

Selon des statistiques, « chaque année en France, plus de 1 200 visites aux urgences sont liées à l’ingestion des piles boutons » et ces accidents « touchent très majoritairement les 0-5 ans ».

Ces piles rondes et plates sont très dangereuses quand elles sont avalées car elles peuvent se coincer dans l’œsophage et « les lésions peuvent apparaître rapidement, au bout de deux heures » explique à l’AFP Françoise Denoyelle, chef de service ORL pédiatrique de l’hôpital Necker.

Et d’ajouter que l’action électrique dans un milieu humide tel que l’œsophage ou l’estomac de « la pile agit par électrolyse et détruit la muqueuse rapidement. »

Des complications peuvent alors apparaître telles que la « perforation (œsophage et trachée communiquent, avec un risque d’étouffement), médiastinite (infection du médiastin, partie du thorax située entre les poumons), rétrécissement de l’œsophage ou paralysie nerveuse. » précise Robert Rubinsztajn, qui travaille au service de réanimation de l’hôpital Necker. Il indique aussi que « même quand on enlève la pile, le phénomène continue, contrairement à des brûlures caustiques comme celles causées par exemple par l’ingestion d’eau de javel. Cela rend les lésions difficiles à traiter et cela nécessite plusieurs interventions. »

S’ajoute à cela le fait qu’au bout d’un certain temps, les produits contenus dans la pile bouton peuvent commencer à se répandre.

Les piles doivent être inaccessibles pour les enfants

Pour toutes ces raisons et les risques encourus, « les jouets sont soumis à des exigences strictes et notamment de non-accessibilité des piles, imposées par la législation européenne. »

La DGC, la DGCCRF et l’Anses précisent que le compartiment où elles se trouvent ne doit pas pouvoir être ouvert ou se casser si l’enfant fait tomber le jouet ou essaye de l’ouvrir.

Elles mettent en garde également contre les autres objets du quotidien, qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences car ils ne s’adressent pas aux tout-petits.

La DGCCRF procède chaque année à des tests, et sur les 107 jouets contrôlés en 2016-2017, les piles étaient accessibles dans cinq jouets.

Lorsque vous offrez des jeux et jouets à des enfants, il est nécessaire de vérifier que le compartiment qui contient la pile ferme correctement.

Conseils pour limiter les risques d’ingestion 

Les trois institutions donnent quelques consignes élémentaires :

  • ne jamais laisser de pile à portée d’enfants, même emballées ;
  • vérifier que le compartiment à piles est sécurisé et ne puisse pas être ouvert par un enfant. Dans le cas contraire, ne pas laisser l’objet en contenant à disposition sa disposition ;
  • privilégier l’achat de produits dont le compartiment à pile est sécurisé par une vis ou qu’il est nécessaire d’accomplir deux manœuvres indépendantes pour l’ouvrir.

Si, malgré votre vigilance, un enfant dans votre entourage avale une pile bouton, ou si vous avez le moindre doute, contactez immédiatement le Samu en composant le 15 ou un centre antipoison et expliquez clairement qu’il s’agit d’un risque d’ingestion d’une pile bouton.

 



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